Une histoire d’amour de 7 ans

Mardi  31 Mai 2011. "Une histoire d’amour de 7 ans"

Aujourd’hui, ça fait 7 ans, jour pour jour que j’ai posé le pied au Québec pour la première fois. Je venais passer 12 jours de vacances sans savoir que ces 12 jours bouleverseraient autant ma vie. Ce serait mentir que de dire que je me souviens précisément de tous les détails de mon arrivée à Québec, de tout ce que je fais pendant ces 12 jours, mais ce dont je me souviens très bien, c’était comme je me sentais incroyablement bien au Québec. J’ai visité Québec, Montréal et le Bas St-Laurent, je suis tombée en amour avec le fleuve, avec les plaines, avec le vieux Québec avec la gentillesse des gens (très classique, je sais !).C’était peut-être le printemps qui me donnait cette impression mais je trouvais qu’il flottait dans l’air une douceur de vivre incroyable.

En repartant en France, je ne savais que j’allais déménager au Québec l’année d’après mais je savais que je voulais absolument revenir et en découvrir plus sur ce pays. Il me restait un an d’études à faire et j’avais toujours eu comme projet d’aller passer une ou deux années à l’étranger ensuite. Je visais plutôt l’Irlande ou l’Angleterre, mais le Québec venait de tout balayer sur son passage. J’ai commencé à lire sur les possibilités d’études ou de travail, j’hésitais entre un PVT ou un permis d’études. Deux choix, deux vies différentes. Je n’avais pas envie de passer un an à faire des jobines et je savais que ça allait être très dur de trouver un travail dans mon domaine d’études, sans expérience et en ne restant qu’un an. J’ai donc décidé de faire une demande d’inscription au MBA de l’université Laval et je me suis dit que si j’étais acceptée, alors je partirais. On était en janvier. J’ai reçu ma réponse en avril et je me suis dit : go !

Je n’ai jamais eu peur, je n’ai jamais douté, je savais que j’allais vivre une superbe expérience, que c’était la bonne décision. Je me suis lancée dans les formalités : CAQ, permis d’études, formulaire de la sécurité sociale, recherche de logement, billets d’avion, valises et hop, j’ai traversé l’Atlantique pour deux ans le 18 juillet 2005. J’étais tellement excitée, c’est fou, rien que d’y penser, j’ai un large sourire sur le visage.

Bon, je ne vous raconterai pas ma vie en long, en large et en travers, mais ça ne m’a pas pris longtemps avant de me dire que deux ans au Québec ne suffiraient pas à apaiser ma soif de découvertes de ce pays. Le Québec rejoint mes valeurs, je trouve que la vie est douce ici et remplie de possibilités. Je pense que c’est ce que j’aime le plus du Québec d’ailleurs : les possibilités. Je ne veux pas comparer la France et le Québec mais je sais en dehors de tout doute que je ne serai pas rendu où j’en suis au niveau professionnel si j’étais restée à Lyon. Pour connaître aussi un peu le milieu de l’édition en France, je sais aussi que je n’aurais jamais vécu ce que je vis grâce à mes romans là-bas.

7 ans donc. C’est fou. C’est passé tellement vite. Il parait que ça prend précisément 7 ans pour être intégrée dans un nouveau pays. Techniquement, ça ne fait que 5 ans que je vis au Québec, mais ça ne m’a pas pris longtemps pour me sentir chez moi. J’ai dépassé depuis un moment le stade d’émerveillement des premiers mois, j’en sais beaucoup sur le Québec, sur son histoire, sa culture, sa politique, son fonctionnement, et je me sens intégrée. Mais je sais aussi qu’il me reste encore des tas de choses à découvrir et ça, c’est génial. Je sais qui sont RBO mais je n’ai jamais vu leurs sketchs. Je sais qui est Passe Partout mais ça ne m’émerveille pas comme ça émerveillent tous mes amis québécois. Je reste Française, même si chaque jour, je me sens de plus en plus Québécoise et les deux se côtoient sans problème.

Est-ce que je serai encore au Québec dans 7 ans ? Je ne sais pas. J’aime vivre ici sans aucun doute, et j’ai envie de stabilité mais je suis une globe-trotter dans l’âme et je n’exclus pas d’aller découvrir un autre pays un jour. En attendant, je continue de vivre mon histoire d’amour avec le Québec, une histoire totalement prévue mais finalement, je crois que c’est dans l’imprévu que naissent les plus belles histoires, non ?

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site